Elle n'avait pas encore reçu l'agrément du Ministère des
Sports officiellement (effectivement en 1938), n'avait à peine que
2 ans d'existence, mais était déjà reconnue en tant que sport
majeur .
Voici un document qui le prouve. Il s'agit d'un menu
deux volets. On lit bien le nom de Mr.Caderot représentant le
Ministre français des Sports en ce 6 décembre 1936. Ce rugby à 13
était devenu une attraction, un sport fascinant.
Quant au menu, voyez un peu la richesse et la
qualité de sa composition ! La Ligue en 2 ans à peine, était
devenue une entité forte, dotée de moyens importants. D'autres
documents d'archives datant de 1936 , mettent en avant tout le
savoir faire de cette Ligue, que cela soit chez les pros, ou chez
les amateurs.
En réalité, il n'y avait pas de différence entre les
deux divisions. La Ligue Française de Rugby à 13 les
avait intégré dans une même sphère. Ce fut à mon
avis, une première erreur stratégique. Il eut fallu scinder
les deux et les inscrire dans 2 entités. La Ligue pour les pros, et
la Fédération Française de Rugby à 13 pour les amateurs. Cela
aurait peut-être sauvé en 1941 (voir décret n°5285 du 19/12/41) la
tête de la division amateur...
Autre idée avant gardiste de la Ligue qui allait lui
coûter cher. C'était le fait d'organiser des
Championnats, des Challenges et des Coupes. A l'époque les Quinze
avaient un train de retard dans ce domaine. Il a été reproché aux
Treize de "monter de toutes pièces" des compétitions basées
sur des résultats , et de facto avec de l'argent en
jeu...Bien évidemment, le succés populaire était au
rendez-vous .
Paul Voivenel le chantre quinziste de
l'amateurisme pur & dur en fit allusion dans son livre "Mon
Beau Rugby" (écrit pendant l'occupation en 1942 soit après
l'interdiction et la suppression définitive du 13).
Car d'un côté vous aviez l'amateurisme marron des
Quinze, de l'autre , le professionnalisme "avéré" des Treize. Mais
devrait-on dire, un semi-professionnalisme côté Treize. A côté
des "pros" les quelques 150 clubs amateurs vivaient par leurs
propres moyens dans des règles strictes. Du reste, les débordements
en tous genres, étaient sévèrement réprimés par les
dirigeants de la Ligue (qu'ils soient issus du milieu
amateur, ou professionnel).
En effet, l'appellation "professionnel"
allait jouer un vilain tour à la Ligue en octobre
1940. Mais, dans le bi-mensuel "Rugby Treize"daté du 31 juillet 1938 (n°2) Marcel
Laborde écrivait que le fait d'être "professionnel"
impliquait un autre travail (obligatoire) à côté du rugby. C'était précisé
dans les contrats des joueurs, daté et signé par les deux parties.
Je vous laisse imaginer les conséquences juridiques que cela
pourrait avoir au jour d'aujourd'hui...
NB: j'ai déjà "shooté "le passage où Marcel Laborde
écrit et précise les termes et
conditions du professionnel
treiziste de l'époque. Je vais le publier de nouveau. Ce passage
est fondamental et historique.

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